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Réformes constitutionnelles : l’UDC contre-attaque et dévoile les propositions écartées par la majorité

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Au lendemain de l’adoption des réformes constitutionnelles au Parlement, les députés de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC) sont sortis du silence. Réunis le 4 juillet 2026 à l’Hôtel des Députés à Yaoundé, ils ont exposé devant la presse les amendements rejetés lors des débats parlementaires. Limitation des mandats, scrutin présidentiel à deux tours, élection du Vice-président au suffrage universel ou encore transformation du Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle : le parti de l’opposition entend maintenir la pression et porter ces propositions devant l’opinion publique.

Dans la salle de conférence de l’Hôtel des Députés, l’heure n’était ni à la résignation ni au repli. Face à une assistance composée de journalistes, d’acteurs politiques et d’observateurs de la vie publique, les députés de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC) ont choisi de livrer leur propre lecture des réformes institutionnelles récemment adoptées par le Parlement.
Cette conférence de presse, organisée le 4 juillet 2026, avait des allures de réquisitoire politique contre ce que le parti considère comme une occasion manquée de moderniser en profondeur les institutions de la République. Derrière les textes votés, l’UDC estime que plusieurs propositions susceptibles de renforcer la démocratie et la gouvernance ont été ignorées.
Au centre des discussions figure la création du poste de Vice-président de la République. Si l’UDC se félicite du retour de cette fonction dans l’architecture institutionnelle du pays, elle conteste cependant les modalités retenues pour sa désignation. Pour les élus du parti, le Vice-président ne devrait pas être nommé par le Président de la République, mais élu directement par le peuple en même temps que celui-ci.
« Celui qui peut être appelé à diriger le pays doit tenir sa légitimité du suffrage populaire », ont soutenu les parlementaires, convaincus que la stabilité institutionnelle passe également par une légitimité démocratique incontestable.
Mais au-delà du débat sur le Vice-président, c’est toute une vision de la gouvernance que l’UDC dit avoir défendue au Parlement. Le parti a notamment plaidé pour l’instauration d’un scrutin présidentiel à deux tours, estimant qu’un tel mécanisme permettrait au futur Chef de l’État de bénéficier d’une adhésion plus large de la population.
Autre revendication majeure : la limitation du nombre de mandats présidentiels. Pour l’UDC, l’alternance démocratique demeure un principe fondamental pour la vitalité des institutions. Le parti a également proposé l’abaissement de l’âge de la majorité électorale de 20 à 18 ans afin d’élargir la participation des jeunes à la vie politique nationale.
Sur la question de l’équilibre des pouvoirs, les députés ont dénoncé la concentration de certaines prérogatives entre les mains de l’exécutif. Ils appellent à une séparation plus nette des pouvoirs, à une justice davantage indépendante et à un renforcement de l’autonomie d’Elections Cameroon (Elecam), acteur central du processus électoral.
Le même constat est dressé au sujet du Conseil constitutionnel. Pour l’UDC, la réforme adoptée reste largement insuffisante. Le parti proposait pourtant une transformation profonde de cette institution à travers sa mutation en une véritable Cour constitutionnelle disposant de garanties renforcées d’indépendance.
Les parlementaires souhaitaient notamment que ses membres soient choisis parmi des juristes de haut niveau reconnus pour leur intégrité et leur expertise, avec un mandat unique de neuf ans non renouvelable. Ils préconisaient également l’introduction de l’auto-saisine, l’ouverture du droit de saisine aux collectivités territoriales et aux citoyens ainsi qu’un rôle accru dans le contrôle de la constitutionnalité des actes publics.
Au cours de cette rencontre avec la presse, l’UDC a également mis en avant une proposition de loi relative à l’enseignement supérieur portée par l’honorable Youmo Koupit Adamou. Le texte ambitionne de redonner davantage de marge de manœuvre aux universités publiques et de favoriser une gouvernance plus participative.
La réforme proposée prévoit une recomposition des conseils d’administration des universités d’État avec une représentation renforcée des enseignants, du personnel d’appui et des étudiants. Pour le parti, cette évolution permettrait de rapprocher les centres de décision des principaux acteurs de la communauté universitaire et de promouvoir une gestion davantage orientée vers la performance académique et la recherche.

Au-delà des détails techniques, le message politique de l’UDC est clair : le combat pour les réformes institutionnelles ne s’arrête pas aux portes de l’Assemblée nationale. En exposant publiquement les amendements rejetés, le parti entend ouvrir un débat national sur l’avenir des institutions camerounaises.
Cette sortie médiatique apparaît ainsi comme une offensive politique destinée à maintenir ces propositions dans l’espace public et à interpeller le gouvernement sur les attentes d’une partie de la classe politique. Si les amendements défendus par l’UDC n’ont pas franchi l’étape parlementaire, le parti entend désormais les porter devant l’opinion, convaincu que les grandes réformes de demain naissent souvent des débats d’aujourd’hui.

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