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Santé publique : le Cameroun lance un projet de près de 160 millions de dollars pour renforcer sa capacité de riposte aux pandémies

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Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans le renforcement de sa sécurité sanitaire. Le Ministre de la Santé Publique, Dr Manaouda Malachie, a procédé le 29 juillet 2026 à l’Hôtel Hilton de Yaoundé au lancement officiel du projet « Renforcement des capacités du Cameroun en matière de prévention, de préparation et de réponse aux pandémies selon l’approche Une Seule Santé », un vaste programme destiné à améliorer durablement la capacité du pays à prévenir, détecter et répondre efficacement aux urgences sanitaires.

Cette initiative, financée dans le cadre du Pandemic Fund, intervient dans un contexte marqué par la multiplication des crises sanitaires mondiales et régionales, notamment la Covid-19, le choléra, Ebola, la variole du singe, la rougeole, les méningites, les fièvres hémorragiques ou encore la rage. Autant d’épidémies qui, selon le Ministre, ont mis à l’épreuve le système de santé camerounais tout en révélant la nécessité de renforcer les mécanismes nationaux de prévention et de riposte.

Dans son discours, Dr Manaouda Malachie a rappelé que la sécurité sanitaire ne peut plus être pensée de manière sectorielle, insistant sur l’approche « Une Seule Santé » (One Health), qui associe la santé humaine, la santé animale et la préservation des écosystèmes.

« Les épidémies ignorent les frontières administratives, géographiques et biologiques. L’approche Une Seule Santé n’est pas un slogan, mais une méthode de gouvernance et d’action », a déclaré le Ministre.

Le membre du Gouvernement a salué la confiance accordée au Cameroun par le Pandemic Fund ainsi que l’appui de nombreux partenaires, notamment la Banque mondiale, la FAO, l’UNICEF, l’OMS, l’OIM, Gavi, la Croix-Rouge camerounaise et plusieurs autres institutions techniques et financières.

Le Ministre a souligné que le Cameroun n’a pas été sélectionné par hasard. Selon lui, le succès de la candidature nationale repose sur un dossier élaboré de manière inclusive et multisectorielle, mobilisant les administrations en charge de la santé, de l’élevage, de la faune, de l’agriculture et de l’environnement, ainsi que les collectivités territoriales, les organisations de la société civile, les femmes, les jeunes et les communautés.

Un investissement global de près de 160 millions de dollars

Le projet bénéficie d’une subvention de 23,5 millions de dollars du Pandemic Fund, complétée par plus de 112 millions de dollars de cofinancements des partenaires et 24 millions de dollars de contributions nationales, soit un investissement global estimé à près de 160 millions de dollars.

Pour le Ministre, ces ressources devront être gérées avec rigueur.

« Ces ressources ne produiront des résultats que si elles sont soutenues par une gouvernance rigoureuse, une coordination efficace et une forte appropriation communautaire », a-t-il insisté.

Trois priorités pour renforcer la sécurité sanitaire

Le Gouvernement entend articuler son action autour de trois axes majeurs : détecter plus tôt, coordonner mieux et répondre plus vite.

Le projet prévoit notamment la digitalisation de la surveillance communautaire dans 42 districts de santé prioritaires, le renforcement de la surveillance aux frontières, l’amélioration des systèmes d’information sanitaire ainsi que l’extension du réseau national de surveillance de la résistance aux antimicrobiens.

En matière de gouvernance, la plateforme nationale Une Seule Santé sera institutionnalisée afin de renforcer la coordination entre les différents secteurs impliqués dans la gestion des risques sanitaires.

Le dispositif prévoit également le renforcement des centres régionaux d’opérations d’urgence sanitaire afin de rapprocher les capacités de décision et d’intervention des populations.

Cinquante laboratoires renforcés

Le projet permettra aussi d’améliorer les capacités des laboratoires. Au total, 50 laboratoires bénéficieront d’un renforcement de leur système d’assurance qualité, de leur mise en réseau et de leurs systèmes d’information.

Les capacités de diagnostic, le transport sécurisé des échantillons ainsi que la surveillance génomique seront renforcés afin de garantir une détection rapide des menaces sanitaires.

Le programme prévoit également un important volet consacré au développement des ressources humaines avec le recrutement et la formation d’agents communautaires, d’épidémiologistes de terrain, de vétérinaires et d’autres professionnels intervenant dans la gestion des urgences sanitaires.

L’objectif affiché est d’atteindre la cible internationale dite « 7-1-7 », consistant à détecter un événement sanitaire en sept jours, le confirmer et le notifier en un jour, puis engager une réponse efficace dans les sept jours suivants.

Une gouvernance basée sur la transparence et les résultats

Le Ministre de la Santé Publique a rappelé que le projet ne vise pas la création d’un dispositif temporaire, mais bien le renforcement durable du système national de santé grâce à des équipements intégrés, des compétences pérennes, des procédures institutionnalisées et un financement progressivement intégré dans les budgets nationaux.

Il a appelé toutes les structures impliquées à faire preuve de rigueur, de transparence et d’efficacité.

« Notre performance ne sera pas appréciée au nombre de réunions organisées, mais à notre capacité réelle à détecter rapidement les menaces sanitaires, à protéger les populations et à sauver des vies », a-t-il déclaré.

Le Cameroun retenu après trois candidatures

Présentant le projet, Dr Linda Esso, Directrice de la lutte contre les maladies, les épidémies et les pandémies au MINSANTE a indiqué que le Cameroun a obtenu ce financement lors de sa troisième candidature, après deux tentatives infructueuses en 2023 et 2024.

Il a expliqué que ce projet sera mis en œuvre entre 2026 et 2029 grâce à une gouvernance multisectorielle associant plusieurs ministères, la Banque mondiale, la FAO, l’UNICEF ainsi que de nombreux partenaires techniques.

Le projet couvrira l’ensemble des dix régions du Cameroun avec une attention particulière portée à 42 districts de santé prioritaires. Les résultats attendus comprennent notamment le renforcement de 36 points d’entrée, 50 laboratoires, 42 sites sentinelles, plusieurs centres d’opérations d’urgence ainsi que la formation de milliers d’agents de santé et d’intervenants communautaires.

À travers cette initiative, le Gouvernement ambitionne de doter durablement le Cameroun d’un système de sécurité sanitaire plus résilient, capable d’anticiper les risques, de contenir rapidement les épidémies et de mieux protéger les populations face aux futures menaces sanitaires.

 

Donald NGANE

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