Le Comité de Pilotage du Projet d’alimentation en eau potable de neuf villes du Cameroun – Phase 2 s’est réuni ce 10 septembre 2026 à Yaoundé. Au terme de cette troisième session, le bilan fait état d’un taux d’avancement physique global de 84,25 %, avec pour objectif d’achever l’ensemble des travaux d’ici février 2027.
Réunis jeudi à l’Hôtel United de Yaoundé, les membres du Comité de Pilotage ont évalué l’état d’exécution des différents chantiers et ont arrêté les mesures nécessaires à leur achèvement.
Présidée par le Directeur général de la CAMWATER, Dr Blaise Moussa, président du Comité de Pilotage, cette troisième session a réuni les représentants du ministère de l’Eau et de l’Énergie, du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, de la Caisse autonome d’amortissement, ainsi que les partenaires techniques et financiers et les entreprises intervenant dans la réalisation du projet.
Un taux d’exécution global de 84,25 %
Les travaux enregistrent une progression jugée satisfaisante. Selon la situation présentée au cours de la session, le taux d’avancement physique global s’établit à 84,25 %, pour une consommation des délais de 83,46 %.
Les performances varient toutefois selon les villes bénéficiaires. Maroua affiche le taux d’avancement le plus élevé avec 91 %, grâce notamment à la réalisation de sept nouveaux forages, d’un réservoir surélevé de 5 000 m³ et de 78,6 km de réseau.
À Garoua, le niveau d’exécution atteint 90 %, avec huit nouveaux forages, quatre forages réhabilités, deux châteaux d’eau et près de 100 km de réseau réalisés.
À Garoua-Boulaï, le chantier est exécuté à 80 %, tandis que Yabassi et Dschang affichent respectivement 71 % et 70 % d’avancement.
À Dschang, le projet prévoit notamment une station de traitement d’une capacité de 7 000 m³ par jour, un château d’eau de 1 500 m³ et l’extension du réseau sur 24,65 km. À Yabassi, les infrastructures comprennent notamment un dispositif de captage en rivière, une station de traitement, un château d’eau de 100 m³ et 18,7 km de réseau.
Plus de 42 000 m³ d’eau supplémentaires par jour
Cette deuxième phase constitue un investissement majeur dans le renforcement de l’accès à l’eau potable au Cameroun. D’un coût global de plus de 71,86 milliards de FCFA, le projet est financé conjointement par EximBank of China et l’État du Cameroun, avec la CAMWATER comme maître d’ouvrage et CGCOC Group comme entreprise chargée de l’exécution.
L’ambition est d’augmenter la production d’eau potable de 42 700 m³ par jour, de renforcer les capacités de stockage à hauteur de 10 100 m³ et de déployer plus de 250 km de réseaux de distribution.
À terme, ces infrastructures devraient permettre d’améliorer sensiblement la desserte en eau potable des populations de Maroua, Garoua, Garoua-Boulaï, Yabassi et Dschang.
Le volet électrique, indispensable au fonctionnement des installations, progresse également. Les travaux portant sur les postes cabines, les transformateurs ainsi que les lignes moyenne et basse tension affichent un taux d’exécution de 67 %.
Le projet mise aussi sur les communautés
Au-delà des infrastructures hydrauliques, le projet comporte un important volet environnemental et social. À travers son Plan de gestion environnementale et sociale (PGES), plusieurs actions sont menées au bénéfice des communautés riveraines.
Il s’agit notamment de la réalisation de forages à motricité humaine à Garoua, Maroua, Yabassi et Garoua-Boulaï, de la construction de blocs de salles de classe à Dschang, ainsi que des campagnes de reboisement et de la création d’emplois locaux.
Ces initiatives visent à faire du projet un investissement qui ne se limite pas à la production et à la distribution d’eau, mais qui contribue également au développement des communautés implantées autour des différents sites.
Malgré les avancées enregistrées, plusieurs défis doivent encore être levés pour respecter l’échéance fixée. Le Comité de Pilotage a notamment insisté sur la nécessité d’accélérer la mobilisation des ressources financières et le paiement des décomptes ainsi que des contributions de l’État.
À Garoua-Boulaï, la question du captage demeure également un point d’attention. Les équipes doivent poursuivre les démarches administratives et techniques avec les bailleurs, notamment EximBank of China, tout en travaillant à l’apaisement des préoccupations exprimées par les riverains.
L’extension de certains réseaux constitue un autre enjeu. À Garoua-Boulaï, des financements additionnels sont notamment recherchés afin de permettre une distribution optimale des 1 800 m³ d’eau produits quotidiennement.
Au terme des travaux, le Comité de Pilotage a formulé plusieurs recommandations à l’endroit de l’entreprise adjudicataire, de la Mission de contrôle et des équipes projet. Il s’agit notamment d’accélérer le traitement des points résiduels, de finaliser les essais d’étanchéité et de pression et de préparer des mises en service progressives dans les différentes villes.
Avec un taux d’exécution de 84,25 %, la Phase 2 du projet affiche donc une dynamique encourageante. L’enjeu des prochains mois sera désormais de transformer ces avancées techniques en mise à disposition effective de l’eau potable pour les populations, avec en ligne de mire l’achèvement définitif des travaux à l’horizon février 2027.


