Alors que des accusations circulent depuis plusieurs semaines sur les réseaux sociaux au sujet du Bome François, l’entreprise camerounaise a organisé, ce mercredi à l’Hôtel La Falaise de Yaoundé, un point de presse pour apporter sa version des faits et rappeler les engagements pris en matière de qualité, de traçabilité et d’amélioration continue de ses produits.
Au centre de la controverse, une affirmation particulièrement sensible : le Bôme François aurait été déclaré« impropre à la consommation » par le Laboratoire National de Contrôle de Qualité des Médicaments et d’Expertise (LANACOME).
Une accusation que François Santé SARL conteste fermement.
François Santé demande des preuves
Devant les journalistes, l’entreprise a affirmé qu’aucun rapport d’expertise officiel ni aucun communiqué émanant de la direction du LANACOME n’avait été produit pour étayer publiquement ces accusations.
Pour François Santé, cette absence de document officiel est au cœur du problème. L’entreprise estime que des informations non vérifiées ont été amplifiées sur les réseaux sociaux, avec le risque de porter atteinte à sa réputation et à la confiance des consommateurs.
La société précise par ailleurs que le Bome François n’est pas présenté comme un médicament, mais comme un produit de soin, et affirme avoir engagé une démarche volontaire d’accompagnement technique auprès du LANACOME afin de renforcer ses standards de production.
Un partenariat technique avec le LANACOME
François Santé met notamment en avant une convention d’accompagnement technique signée en juillet 2025 avec le LANACOME, dans le cadre de la convention-cadre MINPMESA-LANACOME.
Cette collaboration porte notamment sur le renforcement des capacités en matière d’hygiène, de fabrication, de procédures et de traçabilité.
Le 11 novembre 2025, une session de formation consacrée aux Procédures Opérationnelles Standardisées (SOP) et à la traçabilité a notamment été organisée au bénéfice du personnel de François Santé.
L’entreprise affirme que cette formation a permis de renforcer la maîtrise documentaire et de mettre en place différents outils de suivi, allant de la réception des matières premières jusqu’au stockage des produits finis.
Une entreprise qui reconnaît ses axes d’amélioration
François Santé ne cherche toutefois pas à présenter son processus de mise à niveau comme terminé.
Selon les éléments communiqués lors du point de presse, l’état des lieux réalisé dans le cadre de l’accompagnement a permis d’identifier plusieurs axes de progrès : infrastructures, équipements, formation, procédures et traçabilité.
L’entreprise indique que le plan d’amélioration est déjà engagé et que le volet formation aurait atteint environ 60 % des objectifs fixés à mi-parcours.
Une posture que le PDG, Ekouma Ananga François Désiré, revendique comme une preuve de responsabilité.
« Nous ne cessons de nous évaluer et de nous remettre en question », a-t-il déclaré.
Le pari du Made in Cameroon
Au-delà de la polémique autour du Baume François, le dirigeant veut placer le débat sur un terrain plus large : celui de la crédibilité du Made in Cameroon.
« Le Made in Cameroon ne doit pas uniquement être un slogan. Il doit être associé à la qualité, à la rigueur, à la traçabilité et à la responsabilité », a-t-il affirmé.
Pour François Santé, la compétitivité d’une entreprise camerounaise ne peut plus reposer uniquement sur l’origine locale de ses produits. Elle doit également se construire sur la capacité à garantir une qualité constante et à démontrer la maîtrise des processus de fabrication.
« La confiance se construit par la qualité des matières premières, la rigueur des équipes, la maîtrise des procédés, la traçabilité, le contrôle et la capacité de corriger nos insuffisances », a souligné le PDG.
La question de l’équité sur le marché
L’entreprise profite également de cette controverse pour interpeller les pouvoirs publics sur les conditions de concurrence dans le secteur.
François Santé estime que les exigences de contrôle et de conformité doivent s’appliquer de manière équitable à tous les produits commercialisés sur le marché camerounais, qu’ils soient fabriqués localement ou importés.
La société affirme ainsi vouloir voir davantage de contrôles sur l’ensemble du secteur, notamment afin de distinguer les opérateurs engagés dans des démarches formelles de ceux qui évolueraient en dehors des dispositifs de contrôle et de traçabilité.
Une réponse également judiciaire
La société annonce enfin qu’elle entend utiliser les voies légales disponibles pour défendre son image et ses intérêts.
Des démarches administratives et judiciaires sont envisagées à l’encontre des personnes ou entités qui auraient diffusé des informations que François Santé considère comme fausses ou diffamatoires.
L’entreprise affirme également vouloir saisir les instances compétentes afin que la question du contrôle de conformité des produits similaires commercialisés au Cameroun soit examinée de manière plus globale.
« Produire mieux »
Au terme de cette sortie médiatique, François Santé veut transformer une controverse en démonstration de sa volonté d’amélioration.
L’entreprise assure vouloir poursuivre sa collaboration avec le LANACOME, investir dans la formation de ses équipes, renforcer ses méthodes de travail et améliorer progressivement ses infrastructures.
« Nous sommes une entreprise camerounaise. Nous avons des défis et nos axes d’amélioration, mais nous avons une volonté claire : choisir la transparence et l’accompagnement technique », a déclaré Ekouma Ananga François Désiré.
Et de conclure par une formule qui résume la nouvelle ligne défendue par l’entreprise : « Notre objectif n’est pas de produire davantage, mais de produire mieux. »
Dans la bataille pour la crédibilité du Made in Cameroon, François Santé entend ainsi faire de la qualité, de la traçabilité et de la responsabilité les principaux arguments de sa défense



