La Communauté urbaine de Garoua bénéficie d’une enveloppe de 275 658 632 FCFA dans le cadre de la rétrocession de certaines activités du projet REDECA. La cérémonie de signature de l’accord s’est tenue ce 3 septembre 2026 à l’Hôtel de Ville de Yaoundé en présence du Maire de la Ville. Une nouvelle étape qui place la collectivité devant une double exigence : utiliser efficacement les ressources mises à sa disposition et produire des résultats concrets au bénéfice des populations.
La cérémonie de signature des accords de rétrocession s’est tenue à l’Hôtel de Ville, en présence du Maire de la Ville et des différentes parties prenantes au projet. Garoua figure parmi les trois Communautés urbaines retenues pour bénéficier directement de cette nouvelle phase de mise en œuvre, aux côtés de Bafoussam et Bertoua.

Pour la capitale régionale du Nord, cette rétrocession ne se résume pas à la mise à disposition d’une enveloppe financière. Elle traduit surtout une volonté de donner davantage de responsabilités aux collectivités territoriales dans la conduite, le suivi et l’appropriation des actions de développement local.
Garoua au cœur d’une nouvelle étape du REDECA
Mis en œuvre dans le cadre de la coopération entre le Cameroun et la France, le projet REDECA bénéficie d’un financement global de 4,5 millions d’euros, soit 2 951 806 500 FCFA. La convention de financement a été signée le 28 août 2025.
Le projet vise notamment à améliorer le fonctionnement des Communautés urbaines ciblées, à renforcer leurs capacités et à favoriser leur implication dans les politiques de développement local.
À Garoua, la rétrocession de 275,6 millions FCFA constitue ainsi une déclinaison opérationnelle de cette ambition. Les ressources transférées sont affectées à des activités précises et ne constituent pas une dotation générale destinée à couvrir indistinctement les dépenses de la collectivité.
L’enveloppe s’inscrit autour de trois axes prioritaires qui doivent permettre à Garoua de consolider ses capacités internes, d’impliquer davantage ses populations et de renforcer le pilotage des activités concernées.
Renforcer la capacité d’action de la Communauté urbaine
Le premier axe est consacré au renforcement interne. Il prévoit notamment l’organisation d’ateliers locaux de capitalisation des outils élaborés avec le concours du MINFOPRA et du MINDDEVEL, au bénéfice notamment des maires d’arrondissement.
À travers cette composante, l’objectif est de permettre aux responsables locaux de mieux s’approprier les outils et mécanismes nécessaires à l’exercice de leurs responsabilités dans le contexte de la décentralisation.
Pour Garoua, cette dimension est stratégique. La rétrocession des activités implique en effet une plus grande capacité de programmation, de coordination et de suivi au niveau local.
La participation citoyenne comme deuxième levier
Le deuxième axe concerne la participation citoyenne. Un fonds d’appel à projets doit permettre d’expérimenter des mécanismes destinés à renforcer la participation et le contrôle citoyen.
L’ambition est de mieux associer les populations aux différentes étapes des projets, depuis leur identification jusqu’à leur réception.
Pour la Communauté urbaine de Garoua, cette approche ouvre la voie à une gouvernance locale davantage connectée aux attentes des citoyens. Elle doit notamment favoriser une meilleure prise en compte des préoccupations exprimées par les populations et renforcer leur implication dans les initiatives qui touchent directement leur cadre de vie.
Un appui au pilotage pour garantir le suivi
Le troisième axe porte sur l’appui au pilotage des activités rétrocédées.
Une allocation est prévue afin d’accompagner le suivi de leur mise en œuvre. Cette composante doit contribuer à assurer une meilleure programmation des activités, à mesurer les résultats obtenus et à documenter l’utilisation des ressources.
Garoua devra ainsi démontrer que les moyens mis à sa disposition peuvent être transformés en résultats concrets et vérifiables.
Les trois Communautés urbaines bénéficiaires — Bafoussam, Bertoua et Garoua — disposent chacune d’une enveloppe de 275 658 632 FCFA, portant le montant total rétrocédé à 826 975 896 FCFA.
275 millions FCFA, mais aussi des responsabilités
Si l’accord ouvre des possibilités nouvelles pour Garoua, il s’accompagne également d’un ensemble d’obligations.
La Communauté urbaine devra consacrer les ressources exclusivement aux activités prévues dans l’accord, tout en respectant les procédures applicables en matière de passation des marchés.
Elle devra également assurer une gestion rigoureuse et transparente des fonds, mettre en place les mécanismes de contrôle interne nécessaires, produire les rapports techniques et financiers requis et faciliter les opérations de contrôle et d’audit.
La prévention de la fraude et de la corruption, la traçabilité des dépenses ainsi que le respect des exigences environnementales et sociales font également partie des conditions encadrant l’utilisation des ressources.
L’Agence Française de Développement (AFD), partenaire stratégique du projet, veille au respect des règles d’éligibilité. Son avis de non-objection délivré le 18 août 2026 a permis de franchir une étape importante dans la mise en œuvre de cette phase de rétrocession.
Toute dépense qui ne respecterait pas les conditions fixées pourrait être considérée comme non conforme et faire l’objet d’un non-paiement.
Une course contre la montre pour Garoua
Au-delà des exigences financières et administratives, la Communauté urbaine de Garoua devra également composer avec un calendrier précis.
Les transferts de ressources sont prévus jusqu’au 31 décembre 2028, date au-delà de laquelle aucun nouveau transfert ne pourra être effectué. La période d’utilisation des fonds prendra, quant à elle, fin le 31 mai 2029.
Les éventuels reliquats devront être reversés à la Banque centrale.
Ces échéances imposent donc à la collectivité une planification rigoureuse. Il ne suffira pas de disposer des ressources : il faudra programmer les activités, engager les procédures, assurer leur exécution et produire les justificatifs dans les délais impartis.
De l’engagement aux résultats
Pour Garoua, la signature de l’accord du 3 septembre 2026 marque donc moins l’aboutissement d’un processus que le début d’une phase décisive.
Avec 275 658 632 FCFA à gérer dans le cadre de la rétrocession du REDECA, la Communauté urbaine dispose désormais de moyens supplémentaires pour renforcer son fonctionnement, expérimenter de nouveaux mécanismes de participation citoyenne et améliorer le pilotage des activités concernées.
L’enjeu sera surtout de démontrer que la décentralisation peut se traduire concrètement sur le terrain : par une administration locale plus performante, une population davantage associée aux décisions et des actions dont les résultats sont visibles et mesurables.
À Garoua, les 275,6 millions FCFA ne constituent donc pas seulement une enveloppe financière. Ils représentent un test grandeur nature de la capacité de la collectivité à transformer une responsabilité nouvellement renforcée en résultats au service des populations.



