À l’occasion de la Journée internationale de la paix, célébrée ce 21 septembre 2026, la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) réaffirme l’importance d’une mobilisation collective en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de la protection des droits humains. Cette édition est placée sous le thème : « Investir dans la paix – Pour tous, partout, chaque jour », un thème retenu par l’Organisation des Nations unies qui met l’accent sur le rôle des acteurs locaux dans la construction d’une paix durable.
Dans sa déclaration, la Commission considère que la paix ne saurait être limitée aux négociations diplomatiques ou aux grandes rencontres internationales. Elle doit également se construire au quotidien, au sein des communautés, grâce à l’action des citoyens, des organisations de la société civile, des institutions publiques, des leaders communautaires et de tous ceux qui œuvrent à restaurer la confiance et à prévenir les violences.
La paix comme construction collective
La CDHC salue les efforts déployés par les pouvoirs publics et leurs partenaires pour promouvoir et protéger le droit à la paix, préserver la cohésion sociale, favoriser le vivre-ensemble et prévenir les violences.
Cette approche rejoint le message des Nations unies pour 2026, qui met en avant les « architectes de la paix au quotidien », notamment les bénévoles, les acteurs de la société civile, les défenseurs des droits humains et les artisans du dialogue communautaire.
Pour la Commission, l’investissement dans la paix implique donc de soutenir les initiatives qui rapprochent les communautés, renforcent le dialogue et permettent de s’attaquer aux facteurs susceptibles d’alimenter les tensions et les conflits.
De Bamenda à la lutte contre les violences
La déclaration revient également sur plusieurs événements récents considérés comme des illustrations des enjeux liés à la paix au Cameroun.
La Commission évoque notamment la visite apostolique du pape Léon XIV au Cameroun du 15 au 18 avril 2026. Le souverain pontife s’est rendu à Yaoundé, Bamenda et Douala. Le 16 avril, il a participé à une Rencontre pour la paix avec la communauté de Bamenda, à la cathédrale Saint-Joseph, avant de célébrer une messe pour la paix et la justice à l’aéroport de Bamenda-Bafut.
Cette étape de Bamenda a été consacrée au dialogue, à la paix et à la réconciliation dans une région confrontée depuis plusieurs années à une crise sécuritaire. Elle a également permis au pape de rencontrer différentes composantes de la communauté locale et d’entendre des témoignages sur les conséquences du conflit.
La Commission inscrit cette séquence dans la nécessité de poursuivre les efforts en faveur du retour à une paix durable et de la cohésion entre les populations.
La corruption, un obstacle à la paix
Autre point majeur de la déclaration : la place de la corruption dans les dynamiques susceptibles de fragiliser la paix.
Selon la CDHC, la corruption compromet la jouissance effective du droit à la paix en affaiblissant les institutions, en détournant des ressources destinées aux populations et en réduisant la confiance des citoyens envers les pouvoirs publics.
La Commission estime également qu’elle peut contribuer à accentuer les inégalités, l’exclusion et les injustices sociales, créant ainsi un environnement propice aux tensions et aux violences.
Dans cette perspective, la lutte contre la corruption est présentée comme une composante de l’investissement dans la paix. Les ressources publiques, lorsqu’elles sont effectivement consacrées à la justice, à la sécurité, aux services sociaux, au développement et à la cohésion sociale, participent à la création des conditions nécessaires à une paix durable et inclusive.
Le souvenir douloureux de Gidado
La CDHC rappelle par ailleurs son action à la suite de l’attaque survenue le 14 janvier 2026 à Gidado, dans l’arrondissement de Ndu, région du Nord-Ouest. La Commission avait publié, le 21 janvier, un communiqué condamnant le massacre de civils, majoritairement issus de la communauté Mbororo.
Les autorités camerounaises avaient fait état de quatorze morts dans l’attaque initiale, tandis que des sources locales ont ensuite évoqué un bilan de quinze décès après la mort d’un blessé. Les victimes comprenaient notamment des femmes et des enfants.
La CDHC présente cet épisode comme un rappel de la nécessité de renforcer la prévention des violences, la protection des populations civiles et la lutte contre les dérives identitaires susceptibles de fragiliser davantage la cohésion sociale.
Investir dans la paix, une responsabilité quotidienne
À travers sa déclaration, la Commission des droits de l’homme du Cameroun entend ainsi replacer la paix au cœur des enjeux de gouvernance, de développement et de protection des droits humains.
Le message porté à l’occasion de cette Journée internationale de la paix est que la paix durable ne repose pas uniquement sur l’absence de conflit. Elle suppose également la justice, la confiance, la solidarité, le respect des droits fondamentaux et la participation de tous à la vie de la communauté.
En reprenant le thème de l’édition 2026, la CDHC invite ainsi à considérer la paix comme un investissement permanent : pour tous, partout et chaque jou


