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Révision du Code du travail : le Cameroun veut adapter le cadre juridique aux mutations du monde professionnel

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La 50ᵉ session du Comité de Concertation et de Suivi du Dialogue Social s’est ouverte le 22 septembre 2026 à Yaoundé. Au cœur des travaux : l’évolution du projet de révision du Code du travail, en vigueur depuis plus de trois décennies, mais aussi plusieurs préoccupations liées à l’actualité sociale.

Le Cameroun entend adapter son cadre juridique aux nouvelles réalités du monde du travail. C’est l’un des principaux enjeux de la 50ᵉ session du Comité de Concertation et de Suivi du Dialogue Social, ouverte ce 22 septembre 2026 à Yaoundé, sous la présidence du ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona.

Les travaux sont placés sous le signe du dialogue social tripartite, présenté par le ministre comme un instrument essentiel à la promotion du travail décent, à l’application de la législation du travail et au maintien d’un climat social favorable à l’investissement et à la création d’emplois.

Un Code vieux de plus de 30 ans

Au centre des échanges figure la présentation de l’évolution du projet de révision du Code du travail. Promulgué en 1992, le texte actuellement en vigueur compte plus de trois décennies d’existence.

Pour le gouvernement, les transformations du monde professionnel rendent nécessaire l’actualisation de certaines de ses dispositions. L’essor du numérique, le télétravail, les plateformes numériques et les nouvelles formes d’organisation du travail imposent notamment de repenser certaines règles encadrant les relations professionnelles.

Le projet vise ainsi à aboutir à un cadre juridique présenté comme « moderne, équilibré et tourné vers l’avenir », capable de prendre en compte les mutations actuelles et futures du monde du travail.

Les syndicats réclament le document complet

À l’issue de la rencontre avec le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, le syndicaliste Isaac Bissala a apporté des précisions sur les échanges autour du projet de révision.

Selon lui, les partenaires sociaux ont reçu une synthèse du projet, mais souhaitent désormais disposer de l’intégralité du document afin de pouvoir l’examiner et formuler leurs éventuelles contre-propositions.

« Le premier point concernait la révision du Code du travail. Nous avons demandé au gouvernement, qui nous a présenté une synthèse de la révision, de nous faire parvenir le document complet »,

a-t-il expliqué.

Isaac Bissala indique que le document devrait être transmis aux partenaires sociaux dans les prochains jours, afin de leur permettre de comparer la nouvelle mouture avec les travaux antérieurs et de contribuer aux discussions.

Un processus engagé depuis 2019

La révision du Code du travail n’est pas une démarche récente. Le processus a été engagé en 2019, avec l’examen d’une première mouture lors de la 212ᵉ session de la Commission nationale consultative du travail.

La pandémie de Covid-19 et ses conséquences sur le monde professionnel ont cependant conduit à réajuster le processus. L’accélération de la transformation numérique et l’émergence de nouvelles formes de travail ont également nourri la réflexion autour du futur texte.

Depuis lors, plusieurs concertations ont été menées avec les partenaires sociaux et certaines administrations sectorielles. Ces échanges ont, selon le ministère, contribué à consolider et enrichir le projet aujourd’hui soumis aux membres du Comité.

Pour Isaac Bissala, cette dynamique doit toutefois rester permanente. « Le Code du travail dans le monde est dynamique », rappelle-t-il, soulignant que les évolutions technologiques, notamment l’intelligence artificielle, pourraient à nouveau nécessiter des adaptations dans les prochaines années.

« Vous savez aujourd’hui vous avez l’IA qui est là. Vous avez plein de choses du numérique qui arrivent. Donc le Code du travail sera en permanence en train d’être révisé chaque fois que des réformes arrivent dans le monde du travail », estime le syndicaliste.

Les universités et la CNPS également au cœur des échanges

La rencontre n’a pas porté uniquement sur le Code du travail. Les partenaires sociaux ont également abordé plusieurs dossiers liés à l’actualité sociale, notamment la situation dans les universités d’État.

Isaac Bissala évoque les revendications du Syndicat national de l’enseignement supérieur (SYNES), notamment concernant le paiement de certaines primes, mais aussi les difficultés rencontrées par le personnel d’appui regroupé.

Face à ces préoccupations, les partenaires sociaux ont demandé au ministre du Travail de se rapprocher de son collègue en charge du secteur concerné afin d’envisager la convocation d’une réunion tripartite.

L’objectif, selon le syndicaliste, est de rechercher des solutions concertées aux difficultés qui affectent les universités depuis plusieurs années et de favoriser un climat apaisé dans ces institutions.

Les discussions ont également porté sur les textes régissant la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), dont certains remontent à 1969. Les partenaires sociaux souhaitent leur réexamen et leur actualisation, avec un éventuel passage devant la Commission nationale du travail.

Vers une nouvelle étape

La 50ᵉ session du Comité de Concertation et de Suivi du Dialogue Social ouvre ainsi une nouvelle étape dans le processus de révision du Code du travail. Si le gouvernement entend adapter la législation aux mutations du monde professionnel, les partenaires sociaux souhaitent disposer du texte complet pour pouvoir l’examiner et formuler leurs propositions.

Au-delà de la réforme du Code, les échanges témoignent également de la volonté affichée de maintenir le dialogue sur plusieurs dossiers sociaux, notamment les conditions de travail dans les universités et l’évolution des textes relatifs à la protection sociale.

Pour Isaac Bissala, la rencontre avec le ministre Grégoire Owona permet d’entrevoir une suite aux discussions. « Dans les jours à venir, le monde du travail au Cameroun aura une visibilité claire sur les conditions de vie et les conditions de travail des travailleurs camerounais », a-t-il déclaré.

 

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