Le projet de Bus Rapid Transit (BRT), destiné à moderniser le transport collectif sur l’axe Olémbé-Ahala, entre dans une nouvelle phase avec le lancement de sa préparation.
La mobilité urbaine s’apprête à franchir une nouvelle étape avec le TransYaoundé, futur système de Bus Rapid Transit (BRT) appelé à renforcer l’offre de transport collectif. La phase préparatoire de ce projet structurant a été lancée le 23 septembre 2026 au cours d’une concertation présidée par le Maire de la Ville, en présence des partenaires techniques et financiers et des différents acteurs concernés par la mobilité urbaine.
Cette rencontre organisée à l’Hôtel de Ville de la Communauté urbaine de Yaoundé avait pour objectif de présenter les grandes lignes du projet, de sensibiliser les parties prenantes et de favoriser leur implication dans les différentes étapes de sa préparation. Pour la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY), il s’agit également de créer les conditions d’une appropriation du projet par les acteurs institutionnels, les professionnels du transport, la société civile et les populations.
Un corridor stratégique de 22 kilomètres
Le TransYaoundé est pensé comme un axe structurant reliant Olémbé, au nord, à Ahala, au sud, sur un tracé d’environ 22 kilomètres. Le futur corridor doit notamment desservir plusieurs secteurs stratégiques de la ville et compter 28 stations dans chaque sens.
Le dispositif prévoit une fréquence pouvant atteindre un bus toutes les trois à quatre minutes. Dans sa configuration initiale, le projet devrait fonctionner avec 52 autobus articulés électriques, pour une capacité estimée à environ 43 000 passagers par jour.
Cette capacité pourrait progressivement atteindre près de 110 000 voyageurs par jour, selon l’évolution du système. L’objectif affiché est de proposer un transport collectif plus régulier, confortable et fiable, tout en augmentant la capacité de déplacement dans une ville confrontée à une demande croissante en mobilité.
Une réponse aux défis de la mobilité
Le projet s’inscrit dans la vision du Plan de Mobilité urbaine soutenable (PMUS) adopté en 2019 par la Communauté urbaine de Yaoundé. Ce document prévoit le développement d’une mobilité plus efficace, attractive et durable, avec notamment le renforcement des transports collectifs.
Dans un contexte marqué par la croissance démographique et la prédominance des taxis et mototaxis dans les déplacements quotidiens, le TransYaoundé doit contribuer à diversifier l’offre de transport et à améliorer les conditions de déplacement des populations.
Le BRT doit ainsi constituer l’un des éléments structurants d’un système de mobilité appelé à évoluer avec les besoins de la métropole.
Une phase préparatoire pour mieux mûrir le projet
Le lancement du 23 septembre marque une étape de préparation et non le démarrage des travaux. Les études de faisabilité ont déjà permis de préciser les grandes orientations du projet. La phase actuelle doit aller plus loin dans la définition des aspects techniques, opérationnels, institutionnels et financiers.
Les prochaines étapes comprennent notamment des études complémentaires, des consultations publiques, des échanges avec les différents acteurs et des actions de sensibilisation.
La concertation présidée par le Maire de la Ville vise ainsi à renforcer les synergies entre la CUY et les différents partenaires impliqués dans le processus.
Les transporteurs et la société civile associés
La réussite du TransYaoundé dépendra également de son articulation avec les modes de transport existants. C’est pourquoi les transporteurs et les organisations de la société civile sont appelés à prendre part aux échanges sur le projet.
Lors de la rencontre du 23 septembre, les représentants de ces acteurs ont été invités à exprimer leurs attentes et leurs préoccupations concernant la mise en œuvre du futur BRT.
Cette démarche doit permettre de favoriser l’appropriation du projet et de prendre en compte les réalités du secteur des transports dans la conception du futur système.
L’Unité de Gestion du Projet BRT (UGP-BRT) est appelée, pour sa part, à jouer un rôle central dans la coordination des différentes interventions et dans les échanges avec les partenaires institutionnels, les opérateurs privés, les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers.
Un BRT pensé aussi pour l’environnement
Le TransYaoundé entend également intégrer les enjeux environnementaux et climatiques dans sa conception.
Le projet prévoit notamment des stations intégrant des principes bioclimatiques, des plantations et des îlots de fraîcheur le long du corridor, ainsi qu’une meilleure gestion des eaux et une prise en compte des risques d’inondation.
Le recours prévu à des autobus électriques articulés s’inscrit également dans cette volonté de développer une mobilité plus durable.
Le projet prévoit par ailleurs le réaménagement du dépôt de Bata-Nlongkak, ainsi que la mise en place d’un système moderne d’aide à l’exploitation et d’information des voyageurs.
Vers une nouvelle organisation des déplacements
Au-delà de la construction d’un corridor de transport, le TransYaoundé porte l’ambition de faire évoluer progressivement les habitudes de déplacement. Son efficacité reposera notamment sur la qualité des infrastructures, la régularité du service, l’intégration avec les autres modes de transport et l’adhésion des usagers.
La phase préparatoire constitue donc une étape déterminante pour affiner le projet et sécuriser ses différentes composantes avant son passage aux phases opérationnelles.
Avec le TransYaoundé, la Communauté urbaine entend poser les bases d’un système de transport collectif capable d’accompagner la croissance de la capitale. De Olémbé à Ahala, le futur BRT ambitionne ainsi d’ouvrir la voie à une nouvelle manière de se déplacer, plus structurée, plus accessible et adaptée aux défis de la mobilité de demain.


