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Lutte contre les féminicides au Cameroun : l’initiative coffee, think, talk and act lance un front uni pour une implication de tous les acteurs

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Face à un phénomène qui prend des proportions inquiétantes, la réponse ne peut plus être abandonnée aux seules mains des pouvoirs publics avec en première ligne le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille. Elle nécessite une implication à plusieurs niveaux.  C’est le pari de l’initiative Coffee, Think, Talk and Act (CTT-A) lancée le 2 octobre 2026 à la Fondation Tandeng Muna à Yaoundé.

Le Dialogue Inclusif sur la Famille et l’Identité, lancé officiellement ce jour a pour ambition de poser un diagnostic, partagé et unir tous les acteurs sociaux pour éradiquer les féminicides. Ces premières réflexions, assurent les organisateurs, aboutiront dans les prochains jours à un grand dialogue national sur la question.

Un front élargi : des mairies aux chefferies traditionnelles

Pour cette première rencontre, le CTT-A a réussi à mettre autour de la même table des acteurs rarement associés sur ce sujet. Outre le promoteur de l’initiative, on notait la présence de Samuel Ervé Mandeng, représentant de la diaspora et président de l’association Go Back To Mama, du Directeur Général de la NASLA (Ecole Nationale d’Administration Locale) et du Président de l’Association des Chefs Traditionnels du Cameroun, Sa Majesté Guy Tsala Ndzomo qui apporte le soutien des chefs traditionnels à cette initiative. Une coalition inédite qui traduit la vision centrale du projet : ne plus traiter la violence familiale comme un simple problème de justice pénale isolé, mais comme « une crise institutionnelle profondément enracinée qui menace l’ensemble de notre tissu social ».

« Si les hommes constituent une part importante des auteurs, ils ne peuvent pas rester spectateurs. Il ne s’agit pas d’un dialogue contre les hommes, mais d’un dialogue avec les hommes, avec les femmes et avec l’ensemble de la société pour promouvoir une masculinité fondée sur la dignité et le respect de la vie »,

a martelé le promoteur de l’événement.

La solution par le diagnostic et la pédagogie

La plateforme veut rompre avec la seule sensibilisation pour aller à la racine. « Un bon diagnostic, c’est 50% de la guérison », résume un intervenant. Trois pistes de solutions ont été esquissées :

  1. Outiller les territoires.

Le Directeur Général de la NASLA, M. Tanyitiku Enohachuo Bayee a annoncé l’intégration de modules sur la non-violence et les violences basées sur le genre dans tous les cycles de formation des personnels communaux. Objectif : faire des mairies le premier relais de prévention. Il a aussi ouvert une nouvelle piste : capaciter les chefs traditionnels, « qui savent tout ce qui se passe au village », pour qu’ils deviennent des acteurs de prévention et non plus des observateurs passifs.

  1. Restaurer la famille et l’identité.

C’est le diagnostic fort porté par Samuel Ervé Mandeng, depuis le Canada. Pour lui, le mal est double : la famille est en crise et l’identité camerounaise est en crise. « Être Camerounais, est-ce que c’est porter le vert-rouge-jaune ou avoir le maillot ? Est-ce qu’on connaît nos valeurs culturelles ? Il faut résoudre le problème à la racine », a-t-il interpellé.

  1. Nommer le mal invisible.

Dans une deuxième prise de parole très forte, il a alerté sur les « féminicides invisibles ».

« Les féminicides ne sont pas seulement physiques. Il y a ceux qu’on ne voit pas. Ce n’est pas parce qu’une femme est décédée que celles qui vivent sont en vie. Il y a des femmes qui sont devant vous, à l’intérieur, elles sont déjà mortes. Elles attendent juste une situation pour les envoyer deux mètres sous terre. »

Un plaidoyer pour que le futur grand dialogue envisagé prenne en compte toutes les formes de violences, y compris psychologiques et économiques, et que les solutions décidées à Yaoundé puissent aussi s’appliquer dans les communautés camerounaises de l’étranger, où le phénomène existe aussi. Se retrouver autour d’un café pour penser, parler et agir autour des féminicides et les violences familiales est une initiative qui veut changer les mentalités et dissuader le phénomène des féminicides.

 

Martin Donald NGANE

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