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Affaire des lunettes d’Alamine Ousmane Mey : libérés après six jours de détention abusive, les quatre journalistes attendent désormais réparation

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Six jours de cellule pour un soupçon. Six jours loin de leurs familles. Six jours dans l’angoisse, avant de retrouver la liberté ce 21 septembre. L’affaire des lunettes du ministre Alamine Ousmane Mey change désormais de nature : après la libération des quatre journalistes, la question n’est plus seulement de savoir pourquoi ils ont été arrêtés, mais qui répondra du préjudice qu’ils ont subi.

François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili ont été interpellés le 16 septembre au Palais des Congrès de Yaoundé alors qu’ils couvraient un événement de la Banque islamique de développement. Leur arrestation était liée à la disparition présumée des lunettes du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey. Le SPIC avait dénoncé une détention « arbitraire » et « abusive ».

Ils sont désormais libres. Mais qui leur rendra ces six jours ?

Pendant près d’une semaine, ces quatre professionnels des médias ont été privés de liberté, loin de leurs familles et de leurs activités professionnelles. Des pères de famille ont passé la rentrée scolaire de leurs enfants derrière les barreaux, dans des conditions de détention dénoncées par leur syndicat.

Plus troublant encore, une information désormais évoquée dans cette affaire affirme que les lunettes auraient finalement été retrouvées par leur propriétaire. Si cette information est confirmée, une question devient incontournable : comment réparer le préjudice subi par quatre hommes privés de liberté alors qu’aucune culpabilité n’a été établie à leur encontre ?

La libération ne suffit pas à effacer six jours de détention. Elle ne restitue ni les nuits passées en cellule, ni les journées de travail perdues, ni l’inquiétude des familles, ni le préjudice moral et professionnel.

Qui répondra du préjudice ?

C’est désormais la principale question.Dans un État de droit, un soupçon doit être vérifié, pas transformé en condamnation anticipée. Et si une procédure a conduit à priver injustement des citoyens de leur liberté, la réparation ne devrait pas être une faveur, mais une exigence de justice.

L’affaire soulève également une interrogation sur la protection des journalistes. Pendant six jours, quatre professionnels des médias ont été détenus dans le cadre d’une affaire liée à leur présence sur un événement qu’ils couvraient professionnellement. Le ministère de la Communication, chargé notamment de la protection et de la défense des intérêts de la profession, devra également répondre à la question de savoir quelle connaissance il avait de cette situation et quelles démarches ont été entreprises.

Car le principe devrait être simple : nul n’est au-dessus de la loi, pas même celui qui exerce une haute fonction publique.

Les quatre journalistes ont retrouvé leur liberté ce 21 septembre grâce à l’action de leur syndicat le SPIC.

Il reste maintenant à savoir si quelqu’un répondra des six jours de liberté qu’ils ne pourront jamais récupérer.

 

Donald NGANE

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