
Au Musée national, cette commémoration a réuni autorités administratives, experts phytosanitaires, chercheurs, producteurs agricoles et acteurs du développement autour d’un même objectif : renforcer la protection des cultures face aux maladies, ravageurs et effets du changement climatique.
Selon la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et la Convention internationale pour la protection des végétaux, les végétaux fournissent près de 80 % de l’alimentation mondiale et produisent 98 % de l’oxygène respiré sur Terre. Pourtant, jusqu’à 40 % des récoltes mondiales sont perdues chaque année à cause des parasites et maladies des plantes.
Pour le Cameroun, ces chiffres ne sont pas abstraits. Dans plusieurs bassins agricoles, les producteurs de cacao, de maïs, de manioc, de tomate ou encore de banane plantain subissent régulièrement les attaques de ravageurs qui fragilisent les rendements agricoles et augmentent les pertes post-récoltes. La chenille légionnaire d’automne, les maladies virales du manioc, les mouches des fruits ou encore certains champignons phytopathogènes représentent aujourd’hui de véritables menaces pour la sécurité alimentaire du pays et de l’Afrique.
En Afrique, où l’agriculture emploie une grande partie de la population active, la santé des végétaux est devenue un enjeu stratégique. Les conséquences du changement climatique favorisent l’apparition de nouveaux parasites dans des zones autrefois épargnées. Les échanges commerciaux et le transport transfrontalier accélèrent également la propagation des maladies végétales.
Le thème de cette année met ainsi l’accent sur la biosécurité végétale, considérée comme une ligne de défense essentielle pour protéger les cultures, préserver les revenus des agriculteurs et garantir une alimentation suffisante aux populations. Cette biosécurité passe notamment par le contrôle phytosanitaire aux frontières, la surveillance des cultures, l’utilisation de semences certifiées et le renforcement des systèmes d’alerte rapide.
« La santé des végétaux constitue un enjeu stratégique lié à la sécurité alimentaire, à l’environnement et aux exigences climatiques. En Afrique, les ravageurs et les maladies des plantes continuent d’avoir des conséquences sur la production agricole, les moyens de subsistance des agriculteurs et les échanges commerciaux », a souligné Dr Saliou Niassy.

Au-delà de la simple commémoration, cette journée rappelle que protéger les végétaux revient à protéger la vie. Dans un contexte marqué par l’insécurité alimentaire, les crises climatiques et la pression démographique, la santé des plantes apparaît désormais comme un enjeu de souveraineté économique et de stabilité sociale pour le Cameroun et l’ensemble du continent africain.


