Ouverte depuis le 1er juin 2026, la deuxième édition du Salon Interprofessionnel de l’Aquaculture du Cameroun (SIAC) s’achèvera le 6 juin prochain au Palais Polyvalent des Sports de Yaoundé. La cérémonie officielle d’ouverture, présidée ce 2 juin par Dr Taïga, marque le lancement des activités de cette plateforme stratégique dédiée à la promotion de l’aquaculture comme levier de croissance économique, de création d’emplois et de souveraineté alimentaire.
Le Palais Polyvalent des Sports de Yaoundé est depuis le 1er juin le point de convergence des acteurs de la filière aquacole nationale et internationale. Producteurs, investisseurs, chercheurs, institutions publiques, partenaires techniques et financiers prennent part à la deuxième édition du Salon Interprofessionnel de l’Aquaculture du Cameroun (SIAC), organisée sous le thème : « Les politiques et stratégies de développement de l’aquaculture au Cameroun comme leviers d’animation territoriale sur les plans économique, social et technique ».
Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, Dr Taïga, a présenté l’aquaculture comme l’un des piliers de la stratégie nationale d’import-substitution voulue par le président de la République. Selon lui, malgré les importantes ressources halieutiques dont dispose le Cameroun, le pays demeure fortement dépendant des importations de poisson pour satisfaire la demande nationale.
« La pêche maritime, la pêche continentale et la pisciculture occupent une place importante dans notre pays en raison de leur contribution à l’alimentation des populations », a rappelé le membre du gouvernement, soulignant la nécessité d’exploiter davantage le potentiel national afin de réduire le déficit observé dans le secteur.
Un secteur au cœur des enjeux de souveraineté alimentaire
Avec une demande nationale en poisson estimée à près de 500 000 tonnes par an et une production locale encore insuffisante, le Cameroun continue d’importer d’importantes quantités de produits halieutiques. Cette situation exerce une pression considérable sur la balance commerciale du pays et justifie les efforts engagés par les pouvoirs publics pour accroître la production nationale.
Dans cette perspective, le gouvernement a multiplié les initiatives destinées à renforcer les capacités de production. Le ministre a notamment évoqué les mécanismes de financement mis en place au profit des investisseurs, ainsi que les dispositifs de garantie destinés à faciliter l’accès aux ressources financières nécessaires à la modernisation de la filière.
Le développement de l’aquaculture apparaît ainsi comme une réponse concrète aux défis de sécurité alimentaire, de création d’emplois et de réduction de la pauvreté dans les zones rurales.
Des partenariats stratégiques pour accélérer les investissements

L’une des annonces majeures de cette édition du SIAC est la consolidation des partenariats destinés à soutenir le développement du secteur. Le Dr Taïga a notamment rappelé la récente signature d’un accord de coopération technique entre le Cameroun et le Maroc dans les domaines de la pêche et de l’aquaculture.
Autre temps fort de la cérémonie d’ouverture : la signature d’une convention de coopération entre le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales et le Port Autonome de Kribi. Cet accord vise à faciliter l’installation des investisseurs, à mettre à leur disposition des espaces adaptés et à accompagner le développement de projets aquacoles de grande envergure.
À travers cette collaboration, les deux institutions entendent créer un environnement favorable à l’implantation d’unités de production, de transformation et de commercialisation capables de renforcer la compétitivité du secteur.
Pour les organisateurs, le SIAC 2026 constitue bien plus qu’un simple espace d’exposition. Il s’impose comme une plateforme d’échanges, de formation, de transfert de technologies et de promotion des investissements.
Durant six jours, les participants auront l’occasion de découvrir les innovations techniques, les équipements de production, les solutions d’alimentation piscicole, ainsi que les nouvelles approches de gestion durable des exploitations aquacoles.
Des experts nationaux et internationaux partageront également leurs expériences afin d’accompagner la professionnalisation des acteurs de la chaîne de valeur.
Capitaliser sur les acquis de la première édition
Cette deuxième édition s’inscrit dans la continuité du succès enregistré lors du premier SIAC organisé en 2024. Cette rencontre inaugurale avait permis de mobiliser plusieurs centaines d’acteurs du secteur autour des enjeux liés à l’import-substitution et à la modernisation de la filière aquacole.
Les recommandations formulées à l’issue de cette première expérience ont contribué à renforcer la coopération entre les pouvoirs publics et les opérateurs privés, tout en mettant en lumière les nombreuses opportunités d’investissement qu’offre le secteur.
Deux ans plus tard, le SIAC revient avec des ambitions renforcées. L’objectif est désormais de faire de l’aquaculture un véritable moteur de développement territorial, capable de générer des revenus durables, de créer des milliers d’emplois et de réduire significativement les importations de poisson.
À travers cette deuxième édition, le Cameroun réaffirme ainsi sa volonté de bâtir une économie bleue performante et durable, fondée sur la valorisation de ses ressources aquatiques et sur l’implication croissante du secteur privé dans la transformation structurelle de la filière halieutique nationale.


