Le secteur minier est appelé à jouer un rôle central dans la transformation structurelle de l’économie camerounaise. C’est le principal message délivré par le Dr Pierre Nguetse Tegoum, chef de la Cellule de la Stratégie Nationale de Développement (SND30) au ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), lors de la deuxième édition du BARAZA Mining Forum tenue le 11 juin 2026 à Yaoundé.
Placée sous le haut parrainage du ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (MINMIDT) et organisée autour du thème « Construire les fondations d’une industrialisation minière responsable », cette rencontre a réuni les principaux acteurs du secteur pour réfléchir aux perspectives de développement de l’industrie minière au Cameroun.
Au cours de son exposé consacré à la contribution de la SND30 au développement du secteur minier, le représentant du MINEPAT a rappelé que la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 constitue la deuxième phase de la Vision 2035 du Cameroun. Après une première étape marquée par la réalisation de grands projets structurants, cette nouvelle phase vise à accélérer la transformation structurelle de l’économie nationale à travers des secteurs porteurs, dont les mines.

Selon lui, le secteur minier dispose d’un potentiel considérable susceptible de stimuler durablement la croissance économique, de créer des emplois décents, d’attirer davantage d’investissements directs étrangers et d’accroître les recettes publiques.
« Le secteur minier est appelé à devenir un véritable moteur de la transformation structurelle de notre économie. Son développement contribuera à la création de richesses, à l’émergence d’une expertise nationale et à l’amélioration des conditions de vie des populations »,
a-t-il indiqué.
Miser sur la transformation locale
Pour le Dr Pierre Nguetse Tegoum, l’un des principaux défis consiste à éviter que le Cameroun ne demeure un simple exportateur de matières premières brutes. Il a plaidé pour la mise en place d’une véritable industrie de transformation locale capable de générer davantage de valeur ajoutée.
Cette ambition passe notamment par le développement des infrastructures de transport, l’amélioration du cadre législatif et réglementaire ainsi que le renforcement de l’offre énergétique, indispensable au traitement industriel des minerais.
« Sans une énergie suffisante et compétitive, il sera difficile de développer une industrie minière intégrée. Or, c’est dans la transformation locale que se trouve la plus grande valeur économique », a-t-il souligné.
Une meilleure implication des entreprises nationales
L’expert du MINEPAT a également insisté sur la nécessité de renforcer la participation des entreprises camerounaises dans les projets miniers. Cette implication devrait se traduire aussi bien par des prises de participation dans les exploitations que par la fourniture de biens, de services et de compétences techniques.
Il a par ailleurs appelé à une meilleure coordination entre les administrations publiques, les investisseurs et les communautés locales afin d’assurer une exploitation durable et responsable des ressources minières.
Prenant l’exemple du Botswana, souvent cité comme modèle de valorisation des ressources naturelles, il a démontré qu’une politique volontariste de transformation et de gouvernance peut permettre de bâtir un véritable écosystème industriel autour de l’activité minière.
Des indicateurs pour mesurer les progrès d’ici 2030
Pour évaluer la contribution effective du secteur minier à l’atteinte des objectifs de la SND30, trois principaux indicateurs ont été mis en avant : l’augmentation de la part du secteur minier dans le Produit intérieur brut (PIB), la création d’emplois décents et l’accroissement de la contribution du secteur aux recettes publiques.
« Nos ressources minières doivent profiter aux Camerounais. L’objectif poursuivi est celui d’une croissance inclusive et d’une prospérité partagée que chaque citoyen pourra ressentir dans son quotidien », a conclu le chef de la Cellule de la SND30.
À travers cette vision, le gouvernement entend faire du secteur minier l’un des piliers de l’industrialisation du Cameroun et un instrument stratégique de création de richesses, d’emplois et de développement durable à l’horizon 2030.
Martin Donald Ngane



