18.5 C
Londres
lundi, juin 15, 2026
AccueilAdministrationCinq projets stratégiques, des milliards en jeu : le Cameroun accélère son...

Cinq projets stratégiques, des milliards en jeu : le Cameroun accélère son offensive minière

Date:

Related stories

spot_imgspot_img

Le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique a présenté, ce 9 juin 2026 au Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO), les grandes ambitions du Cameroun dans le secteur minier. Entre l’entrée en production imminente de la bauxite de Minim-Martap, le développement de nouveaux projets aurifères et la restructuration de l’exploitation artisanale, le gouvernement entend faire des ressources minières un véritable moteur de croissance et d’industrialisation.

Le secteur minier camerounais est-il à l’aube d’une nouvelle ère ? À l’occasion d’une conférence publique organisée dans le cadre du Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO 2026), le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique a dressé un état des lieux des grands chantiers en cours et répondu aux nombreuses questions des visiteurs.

Face à un public venu s’informer sur les retombées économiques des ressources naturelles du pays, le membre du gouvernement a notamment mis en lumière cinq projets miniers structurants appelés à transformer durablement le paysage économique national.

Minim-Martap, le projet emblématique enfin en phase opérationnelle

Parmi les projets les plus attendus figure celui de la bauxite de Minim-Martap, considéré comme l’un des plus importants gisements au monde.

Après plusieurs décennies d’attente, le projet est désormais entré dans sa phase d’exécution. Selon le ministre, les promoteurs sont déjà mobilisés sur le terrain tandis que l’arrivée des derniers partenaires et équipements est prévue pour le mois de juillet.

Les premières exportations de bauxite sont attendues dès septembre 2026, une étape majeure pour ce projet qui cristallise depuis longtemps les espoirs de développement économique dans le secteur minier.

Mais l’ambition du gouvernement va bien au-delà de l’exportation du minerai brut. Une étude de faisabilité est actuellement en préparation afin d’évaluer les conditions de transformation locale de la bauxite en aluminium.

L’objectif affiché est clair : permettre au Cameroun de capter davantage de valeur ajoutée à travers la transformation industrielle de ses ressources minières, la création d’emplois qualifiés et le développement d’un tissu industriel compétitif.

Une attractivité croissante auprès des investisseurs internationaux

Le potentiel du gisement de Minim-Martap suscite un intérêt marqué de la part des investisseurs internationaux.

Le ministre a révélé que plusieurs sociétés de dimension mondiale ont manifesté leur intérêt pour intégrer le capital du projet. Cette dynamique devrait permettre de renforcer les capacités financières et techniques nécessaires à la mise en œuvre des différentes phases d’exploitation et de transformation.

Pour les autorités, cette attractivité témoigne de la crédibilité croissante du Cameroun comme destination d’investissement dans le secteur extractif.

Trois grands projets aurifères dans le Nord

Au-delà de la bauxite, le gouvernement travaille également sur plusieurs projets d’exploitation de l’or, principalement dans les régions septentrionales du pays.

Selon les informations communiquées lors de la conférence, au moins trois projets aurifères majeurs sont actuellement en développement avec l’appui de partenaires internationaux.

Les ressources identifiées dans certaines zones laissent entrevoir un potentiel important susceptible de renforcer la contribution du secteur minier à l’économie nationale.

Pour le gouvernement, ces projets constituent une opportunité de diversification des revenus extractifs tout en favorisant le développement des territoires concernés.

La logistique, principal défi à relever

Si les perspectives sont prometteuses, le ministre a reconnu que les infrastructures de transport demeurent l’un des principaux défis du secteur.

Le coût élevé de l’acheminement des minerais vers les ports réduit considérablement la rentabilité de certains projets. Pour surmonter cette contrainte, les autorités encouragent une stratégie de mutualisation des infrastructures logistiques.

L’objectif est de permettre à plusieurs projets miniers de partager les mêmes réseaux ferroviaires et portuaires afin de réduire les coûts d’exploitation et d’améliorer leur compétitivité sur les marchés internationaux.

Cette approche devrait notamment bénéficier au projet Minim-Martap ainsi qu’à d’autres initiatives minières en cours de développement.

SONAMINES, gardienne des intérêts de l’État

Répondant aux interrogations du public sur la gestion des revenus miniers, le ministre est revenu sur le rôle de la Société Nationale des Mines (SONAMINES).

Il a rappelé que le ministère est chargé de définir la politique minière, de délivrer les permis et d’assurer la régulation du secteur.

La SONAMINES, quant à elle, représente les intérêts économiques de l’État dans les différents projets miniers. À travers cette structure, l’État bénéficie notamment d’une participation gratuite de 10 % dans les projets industriels.

La société nationale veille également à la collecte, à la gestion et à la commercialisation des parts revenant à l’État, garantissant ainsi une meilleure valorisation des ressources nationales.

L’exploitation artisanale en pleine restructuration

Le ministre a également évoqué les mesures prises pour assainir le secteur de l’exploitation artisanale.

À l’issue des contrôles réalisés sur le terrain, 39 exploitations artisanales sur 57 ont vu leurs autorisations retirées pour non-respect des normes environnementales et réglementaires.

Cette opération s’inscrit dans une vaste réforme visant à professionnaliser le secteur, renforcer la protection de l’environnement et améliorer la traçabilité des activités minières.

Le membre du gouvernement a insisté sur la nécessité d’instaurer une exploitation responsable des ressources naturelles afin de garantir des retombées durables pour les populations locales.

Un secteur appelé à devenir un pilier de l’économie

À travers cette conférence ouverte et interactive, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique a voulu rassurer les citoyens sur la volonté du gouvernement d’accélérer le développement du secteur minier.

Entre l’entrée en production annoncée de Minim-Martap, le lancement de nouveaux projets aurifères, l’arrivée d’investisseurs internationaux et la restructuration du secteur artisanal, les autorités entendent faire des ressources minières un levier majeur de l’industrialisation du Cameroun.

Si les défis logistiques restent importants, les perspectives présentées au SAGO 2026 laissent entrevoir une montée en puissance progressive du secteur, avec à la clé des investissements de plusieurs milliards, des milliers d’emplois et une contribution accrue à la croissance économique nationale.

Subscribe

- Never miss a story with notifications

- Gain full access to our premium content

- Browse free from up to 5 devices at once

Latest stories

spot_img