Elles l’ont fait. Après trois finales perdues, les Lionnes indomptables du Cameroun ont enfin décroché le trophée continental. Dimanche 16 août 2026 à Rabat, les Camerounaises ont dominé le Malawi sur le score de 3-0 en finale de la Coupe d’Afrique des nations féminine Maroc 2026, offrant au Cameroun son tout premier sacre dans cette compétition.
Cette victoire est d’autant plus retentissante que le Cameroun n’abordait pas cette édition avec le statut de grand favori. La sélection avait été intégrée à la compétition dans le contexte de l’élargissement du tournoi à 16 équipes, une situation qui lui avait permis de participer à la CAN alors qu’elle n’avait pas obtenu sa qualification sur le terrain lors des éliminatoires.
Mais une fois arrivées au Maroc, les Lionnes ont montré un tout autre visage. Déterminées, disciplinées et techniquement au point, elles ont progressivement imposé leur loi dans la compétition. Leur parcours a notamment été marqué par une victoire spectaculaire face au Nigeria, géant du football féminin africain, en quarts de finale, avant de venir à bout du pays hôte, le Maroc, en demi-finale.
Une équipe transformée
Derrière ce parcours historique, il y a une véritable transformation collective. Les Lionnes ont affiché une maîtrise tactique, une solidité défensive et une efficacité offensive qui ont surpris les observateurs.
Cette métamorphose porte notamment la signature de Valentine Nguele, nommée sélectionneuse quelques semaines seulement avant le tournoi. Ancienne gardienne de but et première femme à diriger la sélection nationale féminine du Cameroun, elle a réussi à insuffler une nouvelle dynamique au groupe.
Son management, basé sur la participation, l’engagement et la proximité avec les joueuses, a contribué à créer un collectif soudé. Une approche que l’on pourrait qualifier de management au féminin : exigeante sur le terrain, mais également fondée sur l’écoute, la confiance et la solidarité.

En quelques semaines, Valentine Nguele a donc réussi à transformer une équipe qui arrivait au Maroc sans grandes certitudes en une véritable machine collective capable de renverser les pronostics.
Michaely Bihina, le dernier rempart
Dans cette épopée, la performance de la gardienne Michaely Bihina mérite également une mention particulière. Impériale dans les moments décisifs, elle a joué un rôle majeur dans le parcours des Lionnes.
Face au Nigeria, elle s’est notamment illustrée avec neuf arrêts, avant de récidiver contre le Maroc en demi-finale, où elle a encore réalisé plusieurs interventions importantes, notamment lors de la séance de tirs au but. En finale, elle a conservé sa cage inviolée.

Ses performances lui ont valu le Gant d’or de la compétition, une récompense qui vient confirmer son importance dans le sacre camerounais. En six rencontres, elle n’a encaissé que deux buts.
Marie Ngah et les autres héroïnes
Sur le front de l’attaque, Marie Gisèle Ngah a également marqué cette finale de son empreinte en inscrivant un doublé. Le Cameroun a ainsi rapidement pris le contrôle de la rencontre avant de confirmer sa supériorité jusqu’au coup de sifflet final.
Au milieu de terrain, Monique Ngock, désignée meilleure joueuse de la compétition, a elle aussi été l’une des grandes artisans de ce sacre. Son histoire est particulièrement symbolique : encore adolescente lors de la finale perdue par le Cameroun en 2016, elle avait alors promis de revenir un jour chercher le trophée. Dix ans plus tard, son rêve est devenu réalité.

D’une équipe repêchée à championne d’Afrique
Le parcours des Lionnes constitue finalement l’une des plus belles histoires de cette CAN féminine 2026.
Invitées à prendre part à la compétition dans le cadre de son élargissement, peu de spécialistes imaginaient le Cameroun aller jusqu’au bout. Mais les Camerounaises ont progressivement fait taire les pronostics.
Elles ont terminé en tête de leur groupe, éliminé le Nigeria, renversé le Maroc devant son public et finalement dominé le Malawi en finale. Un parcours qui illustre une nouvelle fois cette capacité des sélections camerounaises à se transcender lorsque les grands rendez-vous arrivent.
Avec ce premier titre continental, les Lionnes indomptables entrent définitivement dans l’histoire. Le Cameroun devient seulement le quatrième pays à remporter la CAN féminine, après le Nigeria, la Guinée équatoriale et l’Afrique du Sud.
De l’incertitude du départ au triomphe final, les Lionnes ont offert au football camerounais une leçon de résilience : parfois, les plus grandes histoires commencent lorsque personne ne vous attend.
Le Cameroun est désormais champion d’Afrique. Et cette fois, ce sont les Lionnes qui rugissent au sommet du continent.



