
La MAETUR, premier partenaire engagé
La première convention de la cérémonie a été signée entre le MINEPIA et la MAETUR. Elle porte notamment sur les études d’aménagement et la sécurisation des sites destinés à accueillir des exploitations modernes : fermes d’élevage, pôles aquacoles et infrastructures de pêche.
Pour le ministre Dr Taïga, la sécurisation des espaces constitue l’un des trois piliers de la théorie de changement du MINEPIA, avec l’implication du secteur privé et la mobilisation de financements adaptés. Cette convention avec la MAETUR doit donc contribuer à lever l’un des principaux obstacles au développement des investissements productifs : la disponibilité et la sécurisation des espaces aménagés.
Cette initiative vient compléter les démarches déjà engagées avec d’autres partenaires, notamment le Port Autonome de Kribi, afin d’ouvrir de nouvelles perspectives à la mariculture et à la valorisation des espaces appropriés dans les zones portuaires.
Une stratégie tournée vers la production locale.
L’objectif global du PIISAH est de contribuer à la réduction de la balance commerciale du Cameroun à travers la substitution des produits importés par une production nationale plus abondante et compétitive.
Pour l’exercice 2026, les interventions prévues mobilisent près de 12,5 milliards de FCFA. Elles concernent notamment les filières lait et poisson, deux secteurs considérés comme prioritaires dans la stratégie d’import-substitution.
Dans la filière poisson, les données disponibles révèlent une évolution préoccupante des importations. Entre 2024 et 2025, celles-ci ont augmenté d’environ 29 %, confirmant la nécessité d’intensifier les efforts de production, de transformation et de commercialisation locales.
La filière lait connaît une légère progression de la production nationale, estimée à 2,2 %. Toutefois, les importations restent importantes, passant d’environ 16 000 tonnes à 17 800 tonnes en 2025. Le défi consiste donc à accroître rapidement l’offre nationale afin de réduire cette dépendance.
Des investissements pour renforcer les chaînes de valeur
Le dispositif prévoit plusieurs actions concrètes : vaccination et suivi sanitaire du cheptel, renforcement des capacités des acteurs, acquisition d’équipements et amélioration des infrastructures.
En matière de santé animale, environ 8 500 vaccins sont mobilisés et 14 000 animaux laitiers doivent bénéficier des campagnes de vaccination. L’objectif est de sécuriser le cheptel et d’améliorer durablement la productivité.
Dans le secteur de la pêche, l’acquisition de moteurs hors-bord et de balises destinées à la surveillance et au contrôle des activités de pêche doit permettre d’améliorer les capacités opérationnelles des acteurs et la gestion de la ressource.
Des contrats de performance pour passer aux résultats
La seconde composante majeure de la cérémonie a porté sur la signature des contrats de performance avec les structures sous tutelle du MINEPIA, notamment la SODEPA, le LANAVET, la MIDEPECAM et les différentes caisses de développement de l’élevage et de la pêche.
Pour le Dr Taïga, ces contrats ne constituent pas de simples formalités administratives. Ils doivent permettre d’instaurer une véritable culture de résultats dans l’action publique, à travers trois exigences : la clarté des objectifs, la mesurabilité des résultats et la responsabilité des structures.
Chaque agence d’exécution devra ainsi travailler sur la base d’objectifs SMART, avec des résultats clairement définis, mesurables et inscrits dans des délais précis.
Le LANAVET bénéficie notamment d’une enveloppe destinée au renforcement de son rôle dans la santé animale et la sécurisation sanitaire. D’autres structures bénéficient également de ressources pour renforcer les capacités techniques des acteurs et faciliter l’accès aux intrants de qualité.
Un dispositif de suivi et de contrôle
Le PIISAH repose sur un mécanisme de pilotage stratégique, sectoriel et opérationnel associant plusieurs administrations et partenaires. Les services déconcentrés du MINEPIA assurent le suivi de proximité, le contrôle de terrain et la remontée des données statistiques.
La BC-PME intervient pour faciliter l’accès au financement des acteurs éligibles, assurer le suivi des crédits et le reporting financier. Les interprofessions participent à l’accompagnement des acteurs et au suivi des bénéficiaires.
Le dispositif de contrôle de gestion doit permettre de comparer les objectifs aux réalisations, d’analyser les écarts et d’optimiser l’utilisation des ressources publiques.
À terme, les indicateurs porteront notamment sur la couverture des besoins nationaux, la réduction des importations de lait et de poisson, l’évolution de la production et de la transformation locales, la rentabilité des exploitations, la création d’emplois et la réduction des pertes.
À travers cette cérémonie, le MINEPIA entend donc transformer les engagements du PIISAH en résultats concrets. De la sécurisation des espaces avec la MAETUR au financement des acteurs, en passant par les équipements, la santé animale et les contrats de performance, l’enjeu est désormais de produire davantage, mieux et durablement pour réduire la dépendance du Cameroun aux importations.


