L’ambition industrielle du Grand Nord camerounais vient de subir un sérieux revers. L’usine Cimencam de Figuil (Cimfig), filiale de LafargeHolcim Maroc Afrique, a suspendu temporairement ses activités en raison d’une grave crise énergétique affectant le Réseau Interconnecté Nord (RIN).
Selon les informations disponibles, la Société camerounaise de distribution d’électricité (Socadel) a procédé à l’effacement du site industriel du réseau afin de préserver l’équilibre énergétique régional.
Cette mesure intervient dans un contexte marqué par une baisse significative des ressources hydriques alimentant la centrale hydroélectrique de Barrage de Lagdo, principale source de production d’électricité du RIN.
Malgré le fonctionnement des quatre groupes de production de la centrale, le déficit hydrique actuel ne permet plus de satisfaire la demande croissante en énergie dans les régions septentrionales. Une situation paradoxale alors que la puissance installée du réseau est passée de 76 MW à 172 MW en une décennie, témoignant d’efforts importants d’investissement dans les infrastructures énergétiques.
Pour Cimfig, cette interruption représente un défi majeur. Mise en service il y a seulement un an, l’usine dispose d’une capacité de production de 500 000 tonnes de ciment par an et a mobilisé près de 50 milliards de FCFA d’investissements. Son implantation visait notamment à renforcer l’offre en ciment dans les régions du Nord, de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua, tout en créant des emplois et en stimulant l’économie locale.
Au-delà du cas de Cimfig, cette situation met en lumière les fragilités structurelles du système énergétique dans le septentrion camerounais. Alors que l’État encourage l’industrialisation et l’implantation de nouvelles unités de production dans cette partie du pays, l’insuffisance de l’offre énergétique apparaît comme un frein majeur à l’attractivité économique du territoire.
Cette crise relance le débat sur l’accélération des projets de diversification des sources d’énergie dans le Nord, notamment à travers le solaire, le thermique de secours et de nouvelles infrastructures hydroélectriques capables de sécuriser durablement l’alimentation électrique des ménages et des industries.
Pour les acteurs économiques, l’arrêt de Cimfig constitue un rappel que la compétitivité industrielle dépend autant des investissements productifs que de la disponibilité d’une énergie fiable et suffisante.


