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Journée internationale des peuples autochtones : la CDHC met en lumière le rôle essentiel des sages-femmes autochtones

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À l’occasion de la 32ᵉ édition de la Journée internationale des peuples autochtones (JIPA), célébrée chaque 9 août sous le thème « Rendre hommage aux sages-femmes autochtones : préserver la vie et le bien-être », la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC), présidée par le Professeur Mouangué Kobila, a lancé un appel en faveur d’une meilleure reconnaissance des savoirs traditionnels et d’une protection renforcée des droits des peuples autochtones.

Dans une déclaration officielle, la Commission rappelle que cette journée, instituée par l’Assemblée générale des Nations Unies, constitue une occasion de promouvoir les droits des peuples autochtones, de valoriser leurs cultures et de sensibiliser les États à leurs préoccupations spécifiques. Elle souligne que les communautés autochtones demeurent confrontées à des discriminations, à la marginalisation et à des difficultés d’accès aux services sociaux de base, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la justice.

Les sages-femmes autochtones au cœur de la célébration

Pour l’édition 2026, les Nations Unies ont choisi de mettre en lumière le rôle des sages-femmes autochtones, véritables gardiennes de savoirs ancestraux liés à la maternité, à la naissance et à la santé communautaire.
Le Professeur Mouangué Kobila estime que ces femmes jouent un rôle essentiel dans la réduction de la mortalité maternelle et infantile au sein de nombreuses communautés. Au-delà de leur mission sanitaire, elles assurent la transmission de connaissances traditionnelles, contribuent à la préservation des langues et des pratiques culturelles et renforcent la cohésion sociale.
La CDHC déplore toutefois que leurs compétences restent insuffisamment reconnues par les systèmes de santé modernes. Les préjugés, le manque de mécanismes de collaboration entre médecine traditionnelle et médecine conventionnelle ainsi que l’absence de cadres juridiques adaptés limitent encore leur contribution au développement du système de santé.

Un plaidoyer pour une meilleure protection des peuples autochtones

La Commission rappelle que les peuples autochtones bénéficient des garanties prévues par les instruments internationaux et africains relatifs aux droits de l’homme, notamment en matière d’égalité, de non-discrimination, d’autodétermination, de protection des terres ancestrales, d’accès aux ressources naturelles, de santé, d’éducation et de préservation du patrimoine culturel.
Elle insiste également sur le droit des communautés autochtones à être consultées et à donner leur consentement libre, préalable et éclairé pour tout projet susceptible d’affecter leurs territoires ou leurs modes de vie, conformément à la jurisprudence africaine relative aux communautés Endorois et Ogiek.

Le contexte camerounais

Au Cameroun, plusieurs communautés sont reconnues comme populations autochtones, notamment les peuples forestiers Baka, Bagyéli (ou Bakola) et Bedzang, ainsi que les communautés Mbororo présentes dans plusieurs régions du pays.
Ces populations vivent principalement dans les régions de l’Est, du Sud, du Centre, de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord. Elles entretiennent un lien étroit avec leur environnement naturel, dont elles tirent l’essentiel de leurs moyens de subsistance, de leurs pratiques médicinales et de leurs traditions culturelles.
Malgré les progrès réalisés ces dernières années, ces communautés continuent de faire face à des défis importants : difficultés d’accès aux actes d’état civil, faible couverture sanitaire, éloignement des structures de santé, faible taux de scolarisation, pauvreté, discriminations sociales et pressions croissantes sur leurs terres liées à l’exploitation forestière, minière ou aux grands projets d’aménagement.

Des efforts salués par la Commission

La CDHC salue plusieurs initiatives engagées par les pouvoirs publics et leurs partenaires techniques et financiers.
Elle cite notamment l’organisation, en juillet 2026 à Yaoundé, d’un atelier de l’UNESCO consacré au renforcement des capacités des acteurs impliqués dans la protection des sites naturels du patrimoine mondial au Cameroun, avec une implication accrue des communautés locales et des peuples autochtones.
La Commission rappelle également les recommandations formulées dans son rapport annuel en faveur :
d’un meilleur accès des femmes autochtones aux services de santé sexuelle et reproductive ;
de la protection des jeunes filles contre les pratiques préjudiciables ;
du renforcement de la scolarisation des enfants issus des communautés autochtones ;
de la préservation des langues, des savoirs et des patrimoines culturels.

Des recommandations fortes au Gouvernement

Dans sa déclaration, la Commission formule plusieurs recommandations aux administrations concernées.
Elle invite le ministère de la Santé publique à mettre en place un mécanisme national de reconnaissance, de collaboration et d’accompagnement des sages-femmes autochtones afin de favoriser leur intégration dans les politiques de santé communautaire tout en respectant les normes sanitaires nationales.
Elle recommande également au ministère des Arts et de la Culture, en collaboration avec le ministère de la Santé publique et le ministère des Affaires sociales, de documenter, préserver et transmettre les savoirs traditionnels des sages-femmes autochtones avec le consentement des communautés concernées.

Par ailleurs, la Commission appelle à la production de supports de sensibilisation en langues locales sur la santé maternelle et infantile, la nutrition, la vaccination et les soins néonataux, afin de mieux répondre aux réalités culturelles des populations autochtones.
Enfin, elle encourage les organisations de la société civile à intensifier leurs actions de sensibilisation sur les droits des femmes et des filles autochtones et à promouvoir un dialogue permanent entre les détenteurs des savoirs médicaux traditionnels et les professionnels de la médecine moderne.

Une célébration porteuse d’espoir

À travers cette 32ᵉ Journée internationale des peuples autochtones, la Commission des droits de l’homme du Cameroun rappelle que la protection des peuples autochtones ne relève pas seulement d’une obligation juridique, mais constitue également un enjeu majeur de développement durable, de justice sociale et de préservation du patrimoine culturel national.
Le thème retenu cette année met en évidence l’importance des connaissances traditionnelles dans l’amélioration de la santé maternelle et infantile. Il invite les pouvoirs publics, les partenaires au développement et l’ensemble de la société à reconnaître pleinement la contribution des sages-femmes autochtones à la sauvegarde de la vie, à la transmission des savoirs et au bien-être des générations présentes et futures.
À travers cette déclaration, la CDHC réaffirme son engagement à accompagner toutes les initiatives visant à garantir aux peuples autochtones la pleine jouissance de leurs droits fondamentaux, dans le respect de leur identité, de leur culture et de leur dignité.

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