La Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER) engage une nouvelle étape dans la modernisation de son système commercial. Réunis du 10 au 14 août 2026 dans la ville de Yaoundé ses responsables, agents et partenaires techniques travaillent à l’interconnexion de huit solutions digitales destinées à réduire les lenteurs, limiter les erreurs, améliorer le traitement des réclamations et surtout sécuriser les recettes de l’entreprise.
Fini progressivement les procédures dispersées, les longues chaînes de traitement et les informations qui circulent difficilement entre les différents services. À travers WATERIS by CAMWATER, l’entreprise veut désormais faire communiquer ses différents outils pour constituer un seul écosystème numérique.
C’est l’objectif de l’atelier ouvert ce lundi 10 août 2026 au Complexe MUNDI , sous la présidence du Directeur général de CAMWATER, Dr Blaise Moussa.
De la relève du compteur au paiement : une chaîne désormais connectée
Le principal enjeu de cette transformation est simple : rendre le parcours de l’abonné plus rapide, plus fiable et plus traçable.
Concrètement, lorsqu’un agent relève l’index d’un compteur sur le terrain, l’information doit pouvoir alimenter directement le système commercial. La consommation est ensuite prise en compte dans la facturation. Une fois la facture réglée par voie électronique, le paiement doit être automatiquement rapproché du compte de l’abonné.
C’est cette chaîne que CAMWATER veut désormais fluidifier.
Avec WATERIS-METER, la relève et la télérelève des compteurs sont digitalisées. WATERIS-COMMERCIAL prend ensuite en charge les opérations liées à l’abonné, notamment les contrats, la facturation, les réclamations et le suivi des interventions.
Le paiement constitue un autre maillon essentiel. WATERIS-PAY doit permettre de centraliser les règlements effectués à travers les différents moyens de paiement électronique, tandis que WATERIS-INTEGRATION assure leur synchronisation avec la comptabilité client.
L’objectif est donc de réduire les écarts entre ce qui est consommé, ce qui est facturé et ce qui est effectivement payé.
Moins de papier, plus de traçabilité
La transformation ne concerne pas uniquement les abonnés.
En interne, CAMWATER veut également réduire la dépendance aux procédures manuelles. WATERIS-GEC doit permettre de dématérialiser les documents administratifs et d’assurer un meilleur suivi des flux documentaires.
De son côté, WATERIS-MAIL fournit un environnement sécurisé de communication électronique pour les personnels.
La gestion des stocks n’est pas oubliée. Avec WATERIS-STOCK, l’entreprise entend mieux suivre les matériels et équipements disponibles dans les magasins. Un aspect qui peut avoir une conséquence très concrète sur le terrain : réduire les délais dans l’exécution des branchements et des interventions.
Enfin, WATERIS-DASHBOARD doit permettre aux responsables de disposer d’indicateurs de pilotage commercial et financier pour suivre l’activité depuis les agences jusqu’à la Direction générale.
Le véritable défi : faire fonctionner les huit outils ensemble
Pour CAMWATER, le défi ne consiste cependant pas simplement à installer huit logiciels.
Le véritable enjeu de l’atelier est leur interopérabilité.
Autrement dit, les différentes solutions doivent être capables de communiquer entre elles afin d’éviter la création de nouveaux silos numériques.
C’est pourquoi les travaux de cette semaine vont progressivement passer de la présentation des outils à des démonstrations, puis à des mises en situation. Les participants devront notamment suivre une chaîne complète allant du branchement à la gestion du stock, de la relève à la facturation, puis de la facturation au paiement.
Cette approche permettra d’identifier les éventuelles difficultés techniques et opérationnelles avant le déploiement à grande échelle.
Les agents au cœur de la transformation
Autre réalité de cette réforme : un système digital n’est efficace que s’il est correctement utilisé.
CAMWATER a donc placé le renforcement des capacités au centre de l’atelier. Les agents seront confrontés à des cas pratiques correspondant à leurs profils et à leurs missions.
Deux dimensions sont prises en compte : la dimension technique, qui concerne notamment la sécurité des infrastructures, la migration des données et l’interfaçage des systèmes, et la dimension métier, consacrée aux procédures et à l’utilisation quotidienne des nouvelles solutions.
Cette phase d’appropriation apparaît comme une condition essentielle avant le déploiement dans les agences.
Un enjeu qui dépasse la technologie
Derrière cette mutation digitale se trouve une question beaucoup plus concrète : comment améliorer durablement la qualité du service public de l’eau ?
Pour l’entreprise, la digitalisation doit contribuer à mieux connaître les abonnés, accélérer le traitement des opérations commerciales, améliorer le suivi des réclamations, sécuriser les transactions et renforcer le recouvrement des recettes.
Pour l’usager, la promesse est celle d’un service davantage traçable et moins dépendant des procédures manuelles.
La réussite de WATERIS by CAMWATER sera donc jugée moins sur le nombre de plateformes développées que sur leurs résultats sur le terrain : délais de traitement réduits, paiements mieux suivis, réclamations mieux prises en charge, données plus fiables et meilleure visibilité sur les performances des agences.
Après cinq jours de travaux, CAMWATER devra ainsi disposer d’une feuille de route permettant de passer de la démonstration à l’utilisation effective des outils.
La révolution digitale annoncée ne sera véritablement réussie que lorsqu’elle se traduira, dans les agences comme chez les abonnés, par une chose très simple : un service de l’eau plus rapide, plus fiable et mieux suivi.


