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Droits humains au Cameroun : entre avancées institutionnelles et recrudescence des violences

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À l’occasion d’une réunion parallèle organisée le 12 mai 2026 en marge de la 87e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, la situation des droits humains au Cameroun a été examinée à travers plusieurs faits concrets ayant marqué la période intersessionnelle. Entre progrès institutionnels, défis sécuritaires et montée des violences sociales, le tableau présenté révèle un pays confronté à des enjeux humains majeurs.

 

Parmi les avancées relevées, la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) salue le renforcement de la coopération internationale dans la lutte contre l’insécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Le 20 avril 2026, Kenneth Chungag, militaire américain d’origine camerounaise, soupçonné de soutien financier et tactique à des groupes séparatistes armés, a été arrêté en Virginie avant d’être remis en liberté après une audience préliminaire. Une autre suspecte, Mercy Akwi Ombaku, a également été interpellée dans le cadre de cette affaire.

Sur le front numérique, le Cameroun a renforcé ses capacités de lutte contre les discours haineux, le cyberharcèlement et les atteintes à la vie privée. L’Agence nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (ANTIC) a acquis en janvier 2026 de nouveaux équipements de cybersurveillance permettant d’améliorer la collecte et l’analyse des preuves numériques. Plusieurs procédures judiciaires sont actuellement en cours grâce à ces nouveaux dispositifs.

La protection des enfants demeure également au cœur des préoccupations nationales. L’affaire du jeune Nathanaël Mathys Ouandji Beao, assassiné à Yaoundé en mai 2025 par le voisin de son père à la suite d’un conflit, a profondément choqué l’opinion publique. Le 18 mars 2026, le Tribunal de grande instance du Mfoundi a condamné l’accusé à la peine de mort par fusillade publique ainsi qu’au paiement de 500 millions de FCFA de dommages et intérêts. Tout en prenant acte de cette décision, la CDHC a rappelé que la peine capitale n’est plus appliquée au Cameroun depuis près de trois décennies.

Dans le même registre, les autorités camerounaises ont poursuivi plusieurs actions en faveur de la protection des enfants, notamment l’évaluation du Plan d’action national 2018-2025 contre les pires formes de travail des enfants et le renforcement du numéro d’assistance téléphonique 116 destiné aux mineurs en danger.

Concernant les violences basées sur le genre, des concertations gouvernementales ont été engagées autour d’un avant-projet de loi spécifique contre les VBG. Des ateliers de validation ont été organisés à Ebolowa et Yaoundé avec la participation de plusieurs administrations, partenaires techniques et organisations de la société civile.

Cependant, malgré ces avancées, la situation des droits humains reste préoccupante. La multiplication des infanticides et des violences sexuelles contre les enfants continue d’alarmer la CDHC. Au moins 37 mineurs ont été assassinés en 2025 et six cas d’infanticides ont déjà été enregistrés depuis le début de l’année 2026. Parmi les affaires les plus marquantes figure celle de la jeune Divine Mbarga Atangana, 11 ans, décédée à Yaoundé après des violences sexuelles présumées.

Les violences faites aux femmes connaissent également une hausse inquiétante. Selon les chiffres présentés, 76 féminicides ont été enregistrés en 2025 et près de 30 femmes ont été tuées entre janvier et avril 2026. Quelques cas d’hommes victimes de violences conjugales ont aussi été signalés, notamment à Nkongsamba où un fonctionnaire de police aurait été tué par sa conjointe après une dispute.

Face à cette situation, la CDHC recommande un renforcement des sanctions contre les auteurs de violences sexuelles et de féminicides, la mise en place de cellules d’assistance psychologique gratuites pour les victimes ainsi qu’un meilleur encadrement sécuritaire autour des établissements scolaires.

Au-delà des défis sécuritaires et sociaux, le Cameroun a également accueilli plusieurs événements internationaux majeurs au début de l’année 2026, notamment la 14e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce à Yaoundé ainsi que la visite apostolique du Pape Léon XIV, marquée par des appels à la paix, à la réconciliation et au respect de la dignité humaine.

Pour les défenseurs des droits humains réunis à Banjul, ces avancées doivent désormais s’accompagner de mesures concrètes et durables afin de garantir une protection effective des enfants, des femmes et des populations vulnérables dans l’ensemble du pays.

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